Epilogue du 2ème Siège de Paris

 

 

Favre
Thiers
Bismark
Lecomte
Thomas

 

Le 28 Janvier 1871, Jules Favre signa la capitulation de Paris pour cause de famine et obtint un armistice de trois semaines.

Le 26 Février, les préliminaires de paix furent votés par la nouvelle Assemblée nationale qui venait d'être élue, et où dominaient les monarchistes. Gambetta, le partisan de la guerre à outrance, dut s'incliner devant Thiers. L'ancien ministre de Louis-Philippe fut nommé "chef du pouvoir exécutif de la République française". Il se donna pour but de relever le pays. pour cela, il accepta d'en passer par les conditions allemandes.

Celle-ci étaient particulièrement lourdes: Bismark exigeait l'annexion de l'Alsace et de la partie de la Lorraine qui était de langue germanique. La France devait payer en trois ans une lourde indemnité de guerre de 5 milliards de francs-or: tant qu'elle n'aurait pas versé cette somme, 17 départements français resteraient occupés.

A Paris, la garde nationale restait armée et contrôlait notamment 227 canons installés sur les hauteurs de Montmartre et de Belleville. Thiers décida de les reprendre. Mais, le 8 Mars 1871, à Montmartre, la troupe fraternisa avec la foule qui s'opposait à la reprise des canons; les soldats passèrent par les armes leurs chefs, les généraux Lecomte et Thomas.

Thiers, craignant que d'autres troupes ne passent du côté des émeutiers, fit alors évacuer Paris et transféra le gouvernement à Versailles. L'émeute se transformait en révolution. Le 26 Mars les Parisiens élirent un Conseil de la Commune.

Les "communards" n'eurent guère le temps de se consacrer à la réforme de la société.Dès les premiers jours, l'essentiel de leurs efforts fut tourné vers la défense de Paris. Mais, bien que 160.000 hommes se fussent enrôlés dans la garde nationale, les troupes de la Commune, mal organisées et mal commandées, étaient inférieures à l'armée professionnelle des "Versaillais". Après la chute des forts d'Issy les Moulineaux et de Vanves, ces derniers entrèrent dans Paris, le 21 Mai, par la porte de Saint-Cloud qui n'était pas gardée. Du 22 au 28 Mai, ce fut la "semaine sanglante". Pour retarder l'avancée des versaillais, les communards dressèrent des barricades et incendièrent des bâtiments publics. La répression fut alors féroce et aveugle. L'armée versaillaise, qui compta moins de 1000 tués, exécuta plus de 25.000 personnes. Et tous les socialistes entonnent encore aujourd'hui l'Internationale, dont les paroles furent écrites par Eugène Pottier, traqué dans Paris en Juin 1871.

Le traité de paix fut signé à Francfort le 10 Mai 1871. Cette lourde défaite fut encore aggravée par les conséquences de la guerre en Allemagne. En effet, Bismark était parvenu à son but: l'unification de l'Allemagne du Nord et du Sud. le 18 Janvier 1871, dans la galerie des Glaces du château de Versailles, Guillaume Ier été proclamé "empereur allemand".

Pour sceller l'unification, les provinces conquises d'Alsace et de Lorraine devinrent propriété commune de l'ensemble des Etats allemands et furent décrétées "terres d'Empire".

L'histoire du Second Empire s'achevait donc par une catastrophe qui ouvrit une longue période de rivalité entre la France et l'Allemagne.

***

TROCHU, général vaincu d'une guerre qu'il n'avait pas voulue, élu triomphalement à l'Assemblée nationale dans dix départements, s'enferma néanmoins dans une digne retraite, refusant toute récompense notamment la plaque de Grand Croix de la Légion d'Honneur et le bâton de maréchal pour rester fidèle au voeu qu'il s'était fait à lui-même, de la gratuité de ses fonctions de Président du Gouvernement de la défense nationale.

Il fut ainsi la proie facile des partis politiques et devint le "bouc émissaire" à la fois des conservateurs qui, sans pudeur, voulurent faire oublier les désastres de 1870 par la capitulation de Paris, et des républicains parce que, n'ayant pas sauvé la nation, il devenait compromettant pour la République.

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Dans la nuit du 6 au 7 Octobre 1896, le général se sentit mal et appela son domestique. Il ne survécut que peu d'instants aux soins qui lui furent donnés. Sans secousse, sans agonie, les yeux levés au ciel, il s'éteignit. Le général Trochu avait quatre vingt huit ans. Le samedi matin 10 Octobre, à onze heures, avaient lieu , à Tours dans l'église de Saint Pierre des Corps, les obsèques du vieux soldat, avec une extrême simplicité.

 

Le général Trochu sur son lit de mort

L'église était tendue de simples draperies de deuil, sans faisceaux ni ornements. Ni les insignes, ni les décorations, en si grand nombre et des mieux mérités, n'avaient été mis sur le cercueil; les cordons du drap mortuaire avaient même été supprimés. On respectait ainsi les dernières volonté du général.

Le gouvernement avait envoyé une superbe couronne d'orchidées. Un nombreux cortège, dans lequel on remarquait le veuve de l'illustre général de La Moricière, accompagna le défunt à sa dernière demeure. Après l'absoute, que Sa Grandeur Mgr Renou, archevêque de Tours, avait voulu faire lui-même, le cortège se rendit au cimetière de la Salle; où eut lieu l'inhumation dans le caveau que le général avait fait préparer, depuis 1889, après la mort de Mme Trochu.

Selon sa volonté expresse, aucun discours ne fut prononcé sur sa tombe et la cérémonie, grande et noble par sa simplicité, se termina avec cette modestie qui avait été la règle inflexible de conduite du général depuis un quart de siècle.

TOURS - Cimetière de la Salle: carré 6 tombe n° 41

 

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