Edwige MAURIER

1859

1818-1889

Edwige MAURIER, née à Lyon le 21 octobre 1818, décédée à Tours le 31 janvier 1889, fille de Claude MAURIER & de Euphrosine JACQUENOD; épouse Louis, Jules TROCHU le 29 juillet 1845 à Lyon.

De son mariage avec Louis, Jules TROCHU, elle n'eut pas d'enfant.

 

 

historique de la famille MAURIER (résumé)

Claude MAURIER, fils de Jean Paul, marchand chapelier, guillotiné à Lyon en 1793, et de Marie Françoise SERVAN, s'investit dans l'industrie de la soie, une partie du patrimoine confisqué par la Convention. Ses affaires prospérèrent. En 1811, âgé de 29 ans, il épouse Euphrosine JACQUENOD orpheline âgée de 17 ans, fille unique de Placide, libraire, et de Marie Pierrette SAUZAY

De ce mariage naquirent trois enfants :

 

 

L'aînée, Françoise Zélie, née en 1812, meurt, à 16 ans, en 1828, " emportée par une courte maladie et laissant à tous ceux qui l'avaient connue le souvenir de son charme, de sa bonté et de ses qualités exceptionnelles ". Elle venait de se fiancer avec le peintre Alphonse JAME , le fils d'amis de la famille. Il reste d'elle et de son fiancé quelques lettres émouvantes, ainsi qu'un fort joli portrait. En sa mémoire, Alphonse JAME composa la petite poésie suivante :

Depuis seize printemps, qui semblèrent un jour,

Zélie était de sa famille La gloire, le charme et l'amour ;

Chacun l'eut adoptée ou pour sœur ou pour fille.

Mais sans doute le ciel aurait trouvé trop doux

Le bonheur qu'eut goûté près d'elle un tendre époux.

Le deuxième enfant de Claude MAURIER, Françoise Clémentine, née en 1813, épouse, à 19 ans, en 1832, Jean Baptiste Adolphe BLANCHET, fils d'Aubin et de Marguerite CARTIER, percepteur des contributions directes, âgé de 40 ans, tige de la famille BLANCHET, habitant actuellement dans la région rennaise. Cette famille BLANCHET était originaire de Saint Jean de Moirans dans le Dauphiné. Jean Adolphe BLANCHET (1791-1886) est né à Naples, royaume des deux Siciles, où son père servait aux armées d'Italie. Ils eurent quatre enfants, dont les deux premiers décédèrent jeunes. Le troisième enfant, Sophie BLANCHET (1837-1874), épouse Joannes CHARPINE (ca1820-1890), négociant, d'une famille de douze enfants. Ils vécurent à Vienne, en Autriche, où Sophie tenait une maison de haute couture. Leurs trois enfants décèdent sans descendance. Le quatrième enfant, de Jean Adolphe BLANCHET et Clémentine MAURIER, Sylvain Charles (1842-1930), alias Vital CARTIER (1), officier, puis percepteur, épouse, à Rennes, en 1869, Fanny POINTEAU (1845-1902), fille de Jean François POINTEAU du RONCERAY et d'Amélie Joséphine GAUTIER, dont il eut deux enfants André et Claude.

Le troisième enfant de Claude MAURIER, Antoinette Hedwige, née en 1818, épouse, à 27 ans, en 1845, le capitaine Louis Jules TROCHU, alors aide de camp du Maréchal BUGEAUD, duc d'Isly. Les nouveaux mariés ne devaient pas avoir d'enfants. Ce fut l'inconsolable chagrin du ménage.

 

Dans les années 1830-1840, les affaires de Claude MAURIER prospèrent. Pendant l'été, il habite aux environs de Lyon, une très agréable maison de campagne, d'où la vue s'étend sur les rives de la Saône et sur les coteaux boisés parsemés de villas de la rive droite. Il avait créé de toutes pièces cette jolie résidence qu'on appelait " Ingouville " où, secondé par son épouse Euphrosine, femme du monde accomplie, il attirait l'élite de la société lyonnaise. L'été, Euphrosine, accompagnée de ses deux filles, partait faire une cure au Mont Dore. Pendant que leur mère prenait les eaux, Clémentine et Hedwige paradaient dans les allées cavalières de la ville.

En 1848, le maréchal BUGEAUD, commandant en chef de l'Armée des Alpes s'installe dans une propriété voisine de celle de Claude MAURIER. On accédait de l'une à l'autre par les bois qui les entouraient et bien souvent le Maréchal venait dîner à " Ingouville ", dans l'extrême simplicité qu'il exigeait. La même année, Claude MAURIER, subit quelques revers de fortune du fait de la Révolution. L'industrie lyonnaise était en souffrance et rien ne laissait pressentir la reprise des affaires. On trouve la trace de ce malaise dans une lettre que le commandant TROCHU adresse à son beau-père à la fin de juillet 1849 : " … Je fais des vœux, dans l'intérêt de votre tranquillité, pour qu'à la première éclaircie dans la situation industrielle et commerciale, il vous soit possible de liquider et de vous retirer paisiblement à Ingouville ".

 

Avec le décès de Claude MAURIER, survenu le 19 novembre 1865, âgé de 84 ans, s'éteint le dernier porteur identifié du nom de cette famille originaire de Corbonod (01). Elle allait survivre à travers les deux branches : de NANTES et BLANCHET. La première, restée très fortement lyonnaise, fut prolifique avec les familles de NANTES et ses premières alliances GUERIN, de CHAIGNON, BRUN. Cette branche est représentée à la 6ème génération par plus de 250 familles. La seconde branche devenue rennaise fut peu fertile, représentée seulement, à la 5ème génération, par deux rameaux BLANCHET et ARNOULD donnant naissance à 6 familles à la 6ème génération : BLANCHET, LUGAND, ARNOULD, GIRARD et OLLIVIER (2).

 

(1)- Auteur du livre "Un méconnu le général Trochu" Librairie académique Perrin © 1914. L'édition étant épuisée, un nouveau tirage a été fait par le musée Trochu.(voir publications du musée)

(2)- Yves-Marie Ollivier, auteur des "origines de la famille Maurier".