JUILLET 1998

VISITE D'UN DESCENDANT

TROCHU

Patrick Brunet-Moret en visite dans la propriété familiale de Bruté

Le général Trochu, né à Belle-ile en 1815, mérite d'être réhabilité. C'est ce à quoi se consacre son arrière-petit-neveu, Patrick Brunet-Moret. Accueilli par la société Historique de Belle-Ile, il a visité l'ancienne propriété familiale de Souverain à Bruté. Album de famille en remontant l'histoire...

A l'occasion du centenaire de la République, en septembre 1970, l'association pour l'histoire de Belle-ile avait fait apposer, en grande cérémonie, une plaque sur la maison natale du général Trochu; avenue Carnot à Palais, hommage rendu au chef du premier gouvernement de la République en 1870.

Patrick Brunet-Moret, descendant d'Armand Trochu, le frère du général, poursuit la quête de réhabillitation de son ancêtre conseiller général du canton de Belle-ile en 1849, quête entreprise par son oncle Jean, fondateur du musée Trochu.

"Un musée qui se trouve dans ma maison à Maulette, dans les Yvelines".

Accompagné de quelques-uns des membres de la société Historique, il a visité l'ancienne propriété familiale de Souverain.

Une surprise l'attendait: une photo de son arrière grand-mère Léonie, accrochée dans le hall d'entrée de ce bâtiment, géré à présent, par le Ministère de la Justice.

"La façade était en briques, le toit plus bas, mes fenêtres plus petites" a-t-il remarqué, retrouvant, au passage, les décors des vieilles photos de famille en sa possession.

Le bâtiment a été acheté aux Bruté de Rémur, en 1807, par le père du général, Jean-Louis Trochu qui transforma le domaine en ferme modèle.

Conseiller général du canton pendant vingt-cinq ans, Belle-ile lui est redevabble de ses interventions pour la construction du phare, de la jetée du port de Sauzon, les quais de Palais, les portes de l'écluse, d'un avant-projet de l'avant-port de Palais...

"Le domaine faisait 400 hectares quand mon arrière-arrière-arrière grand-père l'a vendu. La tour était déjà là quand il a acheté. Il pouvait, d'en haut contempler ses cultures".

Elle y est toujours mais, hélas! pour les visiteurs, on ne peut y monter, l'escalier est condamné; par contre, derrière le bâtiment demeurent un vieux magnolia, un palmier et on a planté des chênes rouges pour respecter la tradition du domaine. Car l'esprit avant-gardiste en matière d'agriculture qui présida, pendant près de 90 ans, à la vie de ce domaine, continue de se perpétrer. Toute restauration prend en compte les références à son passé.

"On m'a contacté, récemment pour me demander si on continuait à cultiver la vigne à Souverain. C'était le seul vignoble recensé encore dans le département. Il nexiste plus depuis longtemps..." raconte Dominique Chambrier, le gardien et féru d'histoire du domaine.